Retour sur la fin du chantier de l’hébergement

Nous sommes partis au japon dans la seconde quinzaine d’octobre, profitant ainsi du retard du chantier pour réaliser un voyage dont Claire rêve depuis longtemps, et que nous ne pourrons pas faire dans les prochaines années, happés (du moins je l’espère) par le management de notre projet.

Pendant ce temps, les artisans ont très bien travaillé, surtout l’entreprise Batioan localisée à Saint-Hypolyte à quelques kilomètres de la Frillière. La qualité est excellente et le rendu est remarquable.

Je vous laisse juger en regardant les photos, mais je pense que vous viendrez vous même constater sur place la qualité du lieu.

Ce qui est le plus dur à gérer, ce sont les normes qui nous contraignent et qu’il faut appliquer.
Ainsi par exemple, le système incendie exige des lumières flash dans les toilettes collectives pour handicapés en cas d’incendie. Mais quand on regarde de plus près la réalité du besoin, on se rend compte que c’est stupide… J’ai peu de probabilité d’avoir des sourds dans les stages (puisque c’est pour les malentendants que ce dispositif est obligatoire). De mémoire, j’ai dû avoir trois ou quatre fois des sourds en stage en 45 ans de pratique. Disons que nous ayons 1 malentendant tous les 10 stages, c’est déjà énorme par rapport à mon expérience. J’ai donc 2 jours sur 70 où le dispositif peut avoir un sens. le risque de feu est dérisoire sachant que toutes les installations sont neuves et aux dernières normes. J’évalue à une probabilité / chance sur 1000 le risque de feu ce qui est déjà très élevé. Maintenant que le pauvre malentendant qui va passer 5mn de tout son weekend dans les toilettes collectives ait la malchance que le feu se déclare au moment où il a son envie, c’est vraiment pas le pot!!! Le calcul du risque est donc 5 mn sur les 100 800 minutes que comptent 70 jours. On a donc 2/70 x 1/1000 x 5/100 800 = 1,4 x 10 puissance -9, soit une 1 chance et 1/2 sur 1 milliard…
Il faut savoir que la probabilité que vous ayez un accident en prenant l’avion (lignes régulières) est de 1 sur 12 milliard et je ne pense pas que vous fassiez la moindre action pour réduire ce risque. Certains c’est vrai préfèrent prendre le bateau ou le train, mais ils sont rares.

En aéronautique, lorsque l’on considère un risque qui a une probabilité d’occurence inférieure à 1 pou 1 milliard, on ne met aucune mesure en place en réduction de ce risque.
Donc pour la commission de sécurité, elle considère qu’il serait plus risqué pour un sourd qui vient en stage à la Frillière, d’aller aux toilettes que de prendre l’avion. C’est pourquoi on me demande d’installer des flashs dans les toilettes (et surtout de supporter la dépense qui va avec)!!!

Par ailleurs, là où l’industrie aéronautique considère le risque négligeable au point de ne pas mener d’action pour le réduire (1 pour 1 milliard), on me demande d’installer des lumières flash dans les toilettes. Mais ce que me disent les personnes qui me conseillent pour la commission de sécurité, c’est la règle!!! Vive les normes et ceux qui les font appliquer. Molière aurait pu se saisir du sujet pour en faire une pièce à l’époque…

Bref, les normes que l’on rencontre en faisant un ERP (établissement qui reçoit du public) sont très contraignantes et même si elles ne sont pas pertinentes, elles sont exigées par ceux qui signent les autorisations d’ouvrir l’établissement sans que l’on puisse discuter. C’est très pénible et surtout très coûteux…

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